samedi 10 novembre 2018

Dépollution Aquapolis

Je n'aime pas vos vitrines. Les rouge-gorges s'y fracassent. Je n'aime pas vos vitrines, malgré le soleil dans les maisons passives, le sans tain sélectif encore inaccessible, le bonheur à regarder couler la pluie le front posé là. Je n'aime pas vos vitrines.

Etat répressif régressif et de siège.

Ma folie est un empire et sous cet empire je peux décréter à loisir. Je décrète donc le 11 Novembre comme journée de silence écologique. Toute utilisation d'engin à moteur thermique sera interdite, de même que tout moteur électrique excédant XX dB. Des dérogations très encadrées seront accordées. On pense aux hôpitaux bien sûr et aux véhicules de secours/police, mais également par exemple aux éleveurs, pour le cas où la vie des animaux en dépend. Le dépôt d'un dossier de dérogation sera onéreux, et seulement remboursé si accord favorable, c.a.d. si capacité de proposition alternative par nos services mise en défaut. Pour le cas d'une contestation de faisabilité, un, ou une équipe, de nos agents se rendrait sur place au frais du contestataire, en lien avec leurs revenus fiscaux, pour attester de ladite mise en défaut, après essai alternatif. Des aides pourront également être allouées si le dispositif alternatif est satisfaisant, d'où qu'en provienne l'élaboration. Des droits d'auteurs pourront même être attribués. Les contrevenants se verront infligés une amende en lien avec leurs revenus fiscaux. Les plus lourdes amendes et d'autres, tirées au sort, se verront assorties d'un contrôle fiscal ponctuel ou intégral. Et puisque vous sembliez appeler de vos vœux une société ou chacun surveille tous, les délateurs de contrevenants se verront rétribués d'une part de l'amende. Les appareils photos et vidéos avec date certifiée seront de sortie. Hors forces de police, les petits arrangements "de la main à la main" seront à priori tolérés, si déclaration bipartite. Enfin, comme pour toute amende, les contrevenants pourront contester, et toute indulgence, voire même au-delà, sera accordée, par exemple, à un parent conduisant bruyamment -avertisseur sonore sollicité- son enfant vers un médecin, soupçonnant un malaise grave et imminent. Ledit parent devra toutefois argumenter son pressentiment quant au caractère plus rapide ou efficient de son initiative vis à vis d'un appel des secours. Qu'il soit simplement aussi modéré que possible malgré l'urgence supposée ou non. Il aura la voie libre. Un jour par an ce pays, et bientôt toute l'Europe et au delà, se tairont. Et nantis, ce jour-là vous serez avec nous, dans nos rues vous promenant, ou bien vos résidences sécurisées aux grandes haies esthétisant vos murs vos miradors vos barbelés seront, encore davantage que les autres jours, vos prisons secondaires. Venez avec nous, ou il y aura d'autres décrets. Et si vous partez suivant vos fuyants capitaux, il n'y aura pas de prescription, nous vous pisterons, nous vous pourchasserons, nous vous piègerons, et oui, à ceux que nous prendrons, nous prendrons tout, sauf la vie et toute liberté de refaire fortune. Nous allons vous apprendre l'attachement au monde et aux êtres. On va bien rigoler.

dimanche 4 novembre 2018

Jaurès, Camus, Char, Cohen, Aragon, Rimbaud


Certes c'est à tous que la condition humaine impose la loi que tous les auteurs ont exprimée, abordée, effleurée, touchée. Il y est question d'avenir, de défaite, de soleil. Mais puisqu'il nous semble encore devoir être imposé ce dénominateur commun, puisque le "contre" est encore nécessaire à l'égalité des dignités, une chose est vraie et restera vraie autant qu'inéluctable : les défaites ne seront reconnues comme heureuses que lorsque ils auront goûté la défaite, et pour cela nous devons combattre la part en eux qui craint le soleil, nous devons, c'est notre devoir, leur imposer le soleil en face. Pour la vie.

samedi 3 novembre 2018

La fêlure ou le choix des fous




Il était un chemin de buis on le nommait Des Amoureux
Allaient y rire et s'y saillir après les bals les audacieux

Qui sait si ces arbres morts ont vu au moins deux humains s'étreindre
Et si la nature ne dit rien l'homme écoute ce qu'il veut atteindre

Elle me dit d'être un chien furieux.



Jaurès ou l'art de faire parler les morts

Oh Jaurès toi qui toi-seul voyais comment retarder la furie sur la ligne bleue des Vosges, toi qui toi seul prolongeais déjà une ligne Maginot qui n'était pas encore, toi qui toi-seul savais que c'est sur la Marne que cette armée de Gaulois aurait une chance, mais toi qui voulais encore et encore tous les sauver, toi le prisonnier de ce fer ultime, la vérité stratégique qu'on ne peut se risquer à dire, la parole de déserteur qui seule fait halte à la guerre, la haute trahison, l'honneur perdu, le destin de Judas, l'enfer du défenseur. L'enfer du sacrifié. La défaite assurée. Ce qui fait l'Homme et toujours ce ne sera que demain. Oh Saint Jaurès au fond de ton courage un sursaut national silencieux que tu as gardé pour ensuite. Comment est-il possible de s'en sortir. Comment être dilettante décontracté au bord du précipice. Et toujours ce maudit tueur jaloux qui rôde. Comment ne pas y devenir sérieux. Ne pas y mourir ne pas y faire tuer. Y demeurer aimable et humble. Comment y être irresponsable et assumé. Comment tout désarmer. Pauvre rêveur, tu y étais presque.

Et nombreux sont encore ceux à préférer à ta situation et celle de tes semblables le remords des rockstars, des traders, des consultants en marketing. Ils ne te valent vraiment pas. Ils ne devinent pas ce qu'ils perdent.

Nos chiens de guerre

Le souci n'est pas le corporatisme. Tu sais que le souci est quand le mouvement collectif répond à un intérêt particulier, quand ce qui fait le groupe tient de l'exclusion. Comme tu le dis, le souci c'est le "contre". S'il doit y avoir un corporatisme altruiste, au moins d'apparence pour ses lieutenants, c'est dans le secteur associatif, et particulièrement dans le travail social associatif, qu'il peut au grand jour trouver une expression performante. La violence appelle la violence. La loi injuste la clandestinité. L'injustice la décadence, entre autres. Et la barbarie, in fine, une forme de non violence des plus efficaces, féminine et protectrice, avenante mais redoutable, notamment en premier lieu. Nous travaillons à cela, et nous y travaillons valablement chaque fois que nous avons ceci de chevillé : c'est l'Etat de demain que nous devons servir.

Seulement, à mon sens, le temps presse. Contre la finance pure se lèveront de toute façon encore et encore d'autres moines barbares, et des plus divers. Toujours à mon sens, les meilleurs seront paysans, avec ou sans enfants, humbles ou pas. Et je sais là quel rôle je veux jouer et on ne me détournera pas de cet essentiel. Je veux être un chien, sage si cela se peut, menteur si c'est plus simple, mais furieux quand le temps semblera manquer. Car il y a une chose dont nous ne ferons pas l'économie, il y a étape incontournable, et c'est de dézinguer le mépris et la condescendance. Comme tout devient facile ensuite. Il y a des lois naturelles, ou cite moi une dignité, une seule, exempte de revanche. Cite m'en une et je te donnerai tort, dussè-je y passer dix ans à m'y morfondre. Je dis cela sereinement ; sûr cela ne me prendra pas dix ans. De toute façon je ne pense pas les avoir. Je suis un bipolaire et ma place est en première ligne, de service, en partie édenté, sournois puis furieux. Je serai un chien furieux, c'est inévitable. Bordable, mais inévitable. Il n'auront une chance que s'ils sont lucides.

Bien sûr ce peut se faire totalement autrement, en douceur, je ne nie pas cette possibilité. Auquel cas je ne servirai à quasi rien et toi si. À la niche. Bien sûr cette autre approche est peut-être la meilleure ou la seule façon de faire. Simplement je ne le crois pas. Et je ne le veux pas.

Cela fait trop longtemps que je m'exerce.
Que ce qui est vraiment fort devienne juste.

24/04/2017

Le train s'en va et ce sera souvent l'enfer dedans. L'enfer entre les tempes. Mais y seront les vivants qui préfèrent parfois la fièvre et le ventre vide aux miettes sans avenir. Notre goût est frugal, distingué et païen. Nous sommes de joyeux barbares et de joyeux tailleurs autant que prophètes, conquérants et fédérateurs, mahométans athées, administrateurs autant que libertaires, guides et laissant libres, amants universels, enfin : éducateurs, et nous voulons la part des maîtres, car la première force qui nous anime est désintéressée de presque tout matériel, veut le pouvoir pur et lucide, est tout en haut du cinquième étage de la pyramide de Maslow, n'aime que ce qu'il y a de premier ou si l'on doit en faire le seul secteur primaire. Nous voulons la part des maîtres car nous sommes plus pauvres qu'eux, entendons le rester, doutons et nous méfions davantage, y compris de nous-même -de là notre goût pour les contre-pouvoirs- et, ne leur en déplaise et c'est là leur lacune, sommes plus travailleurs, en nous-mêmes comme au dehors. Nous voulons la part des maîtres car nous voyons le danger, y sommes habitués, voulons la paix, savons être heureux, préférons cela au pouvoir, sommes vraiment généreux. S'il s'en trouvait qui nous puissent comprendre je dirais tout autant : "sommes plus libéraux et plus pragmatiques", mais laissons : notre sang est impur et c'est là sa valeur ; nous voulons la part des maîtres car nous sommes plus nobles.

Et nous l'aurons, furtive ou tenue à vous d'en décider.
Nous en ferons ce que nous sommes.
C'est écrit.
En nous brille l'éclat de l'enfance éduquée et canaille, sur mesure.
L'un(e) d'entre nous a balayé d'un regard clair le monceau d'immondices.
Un regard clair semblant si sombre.
Nous sommes les intouchables.